Texte : Morgan Couturier – Marque autrichienne fondée en 1951, la maison Freywille s’est taillée une luxueuse réputation, au fil de ses créations artistiques, alliant un pointilleux travail d’émaillage et des collaborations avec les plus grands peintres de ce monde. Après avoir percé à Vienne, c’est à Lyon que le fabricant de bijoux a débuté son ouverture sur le monde, où il brille désormais, depuis une nouvelle boutique imaginée en collaboration avec le joaillier Tisseront.
Il est vrai, chaque bijou esquisse les contours d’une sensation, d’un sentiment, rendant l’objet unique, au même titre que la personne qui le porte. Mais pour un sentimental tel que le Dr Friedrich Wille, l’idée se devait d’aller encore plus loin, le récit de cette histoire devant épouser une courbe plus colorée. « Une belle création doit être parfaite artistiquement », dépeint alors le PDG, dans un français teint de tonalités autrichiennes, révélatrices des origines de son enseigne, Freywille.
Et tant pis si cette symphonie n’est toujours aussi douce à l’oreille que les requiem de Mozart, la passion partagée par l’intéressé suffit à dessiner une douce mélodie. Celle du succès évidemment, composée dès 1951 par l’artiste Michaela Frey, avant que le Dr Friedrich Wille ne l’embellisse dans les années 70, à la signature de leur association. Un temps choisi par l’Autrichien pour voguer hors de ses terres viennoises, et ainsi faire connaître à l’Europe, ses bijoux alliant de « l’émail précieux et de la poudre d’or ».
Et s’il succomba rapidement à « l’atmosphère inoubliable » du Vieux-Lyon, au tableau du Rhône et de la Saône traversant la ville, Lyon aussi, apprit à craquer dès 1973, pour ces créations colorées, véritables marques de fabrique de la maison. « Nous sommes des artistes, des orfèvres », avance le responsable, chaque pièce de sa collection devenant singulière, par ce seul travail d’émaillage réalisé à la main, au gré d’une centaine d’étapes.
Des collections de haute joaillerie en or 18 carats et en plaqué or
« Tout cela demande une grande habileté artisanale », précise-t-il, le joaillier usant du terme de « pièces d’art exceptionnelles » pour en décrire le résultat. Une locution soigneusement sélectionnée, pour ce passionné d’histoire et d’artistes, avec qui il apprit à collaborer au début des années 90. En premier lieu duquel, Claude Monet, point de départ de la fabrication de bracelets, bagues, de pendentifs et autres boucles d’oreilles inspirés du célèbre impressionniste.
« Après une visite à Giverny, nous avons commencé à travailler avec la fondation Claude Monet, gérée par l’Académie des Beaux-Arts. Ce fut un grand pas en avant. Nous avons interprété la mode de l’Art Nouveau », retrace Dr Friedrich Wille. Depuis, Paul Gauguin, Alphonse Mucha ou Van Gogh, ont également inspiré à leur manière, les créateurs de la marque, au fil de leurs illustres tableaux. Les artistes sont tous des diplômés de la Haute École des Arts Appliqués, à commencer par Mme Simone Gruenberger-Wille, directrice artistique de la Maison.
« Nous voulons choisir les artistes que nous souhaitons interpréter, parce qu’on ne copie jamais un peintre. On se laisse influencer. On étudie l’histoire et les sujets. La beauté de la création demande une flexibilité. On essaye de comprendre ce qu’il a pensé », précise le joaillier, la nuance faisant de Freywille, « le numéro mondial de la créativité ». Dès lors, si les plus érudits se plaisent à reconnaître « la Nuit étoilée » de Van Gogh, les « Nymphéas » de Claude Monet ou « La Vierge » de Gustav Klimt, les novices y voient des bijoux aux délicieux coloris.
« Les couleurs sont très importantes », expose-t-on, ces dessins colorés se retrouvant jusqu’à la création de carrés de soie, héritages d’une longue coopération avec Hermès. « Nous avons un produit unique. Mais il faut toujours avoir de la créativité », expose Dr Friedrich Wille. Et pour cause, si Freywille peut sembler obnubiler par la mise en beauté féminine, l’orfèvre émailleur n’en oublie pas ses homologues masculins.
A la clé, des montres ou des stylos plume, « pour la grandeur de l’homme », recouverts eux aussi, de teintures particulières. Alors tant pis si le covid fut un tableau bien sombre pour l’enseigne, Freywille a repris le cours d’une aventure chatoyante. En particulier dans le Rhône, où, Benjamin Tisseront, se charge d’entretenir la riche histoire d’amour dessinée entre Freywille et la capitale des Gaules.
Déjà dépositaire de la marque depuis 30 ans à Tassin-la-Demi-Lune, le Lyonnais a désormais passé un cap. Par son biais, le 6, rue Childebert héberge en effet, depuis dix mois, un « espace éclatant de lumière, pensé pour mettre en valeur tout l’univers de la maison ». Une véritable galerie où bien des émotions s’entremêlent. Ainsi va le sens de l’histoire !
6, rue Childebert – Lyon 2
Tel 06 43 31 89 58
0 commentaires