Par Justin d'Ayrnier
Les « entretiens Jacques Cartier » ont lieu chaque année. À Lyon, trois ans de suite. Au Québec, tous les quatre ans. Ils réunissent les mondes universitaire, économique et culturel de Rhône-Alpes, du Québec et d'ailleurs qui confrontent leurs expériences. En 2008, dans le cadre des événements qui célèbrent le 400ème anniversaire de la création de la ville de Québec, une importante délégation rhônalpine a fait le déplacement. Justin d'Ayrnier était du voyage…
Françoise Petit s'étant désistée au dernier moment, c'est moi qui l'ai remplacée au pied levé et me suis retrouvé au milieu de la fine fleur de la presse lyonnaise que – chacun le sait – j'adore. Il y avait là le toujours révolutionnaire Frédéric Crozet de 20 minutes, l'inusable Maurice Fusier de France Info, le chevelu Jacques Boucaud du Progrès, le placide François-Nicolas d'Alincourt de Radio Fourvière, le talentueux François Mailhes de Tribune de Lyon, le lunatique Antonio Mafra des Petites Affiches lyonnaises et bien sûr mon chouchou de France 3, Paul Satis avec qui j'adore parler d'Ophélie Winter et accessoirement de l'éthique journalistique. Il y avait même Denis Lafay, rédacteur en chef d'Acteurs de l'Economie qui en veut encore à Lyonpeople de lui avoir inventé une parenté avec quelqu'un de l'entourage de Gérard Collomb. C'était faux. Dont acte et mea culpa. A propos du maire de Lyon, son forfait de dernière minute a beaucoup fait jaser. Il faut dire qu'il s'était fait remplacer en catastrophe (c'est le mot !) par Nadine Gelas qui fut égale à elle-même.
Pas question de décevoir Marco qui m'a demandé de faire du « name-droping ». Il va en avoir. Outre les politiques comme Rivalta, Soulage, Buna, Képénékian, Jamet, la famille Philip et quelques autres sur lesquels on ne m'en voudra pas de ne pas m'étendre, plusieurs personnalités étaient du voyage. A commencer par sept d'entre elles qui furent faites « docteur honoris causa » par les sept universités et grandes écoles de Montréal. L'événement eut lieu juste avant la cérémonie d'ouverture des 21èmes entretiens. On rendit donc hommage à Maryse François-Xausa, vice-présidente de Global R&D, Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, Serge Dorny, directeur général de l'Opéra de Lyon, Anne-Sophie Pic, chef étoilée, Alain Storck, directeur de l'INSA et Alim Louis Benabid, pionnier de la neurochirurgie, que du lourd ! On eut droit évidemment à une pléthore de discours d'usage. Notamment ceux de Gérard Tremblay, maire de Montréal, de Jean Charest, actuel premier ministre du Québec et Pierre Marc Johnson l'ancien. Heureusement l'absence de Gégé nous permit de gagner quelques minutes.
Olivier Ginon nous gratifia d'une allocution que Florence Verney-Carron trouva brillantissime alors qu'un esprit chagrin dont je tairai le nom, sans doute jaloux de la réussite incontestable du président de GL Events, semblait plus dubitatif. Heureusement, nous eûmes pour conclure la remise du « prix Jacques Cartier » au chanteur Gilles Vigneault. Celui-ci prouva que l'on en disait plus avec deux chansons qu'avec un long discours. Comme pour chacun des entretiens, on félicita, remercia, congratula, salua, ovationna Alain Bideau (on le sait, il ne déteste pas ça) pour la réussite exemplaire des entretiens Jacques Cartier. Après cette cérémonie d'ouverture, ce fut du chacun pour soi. Entre deux colloques, on s'égaya dans l'époustouflante nature québécoise particulièrement flamboyante en cette période d'été indien. On prit aussi le temps de découvrir un étrange « cidre de glace » ou encore leur réputé « vin de glace ». On apprécia évidemment quelques spécialités culinaires. On participa à plusieurs cérémonies protocolaires qui nous permirent d'apprécier la gentillesse et la simplicité des élus du coin. Ça nous change. On en profita aussi pour voir l'expo « Warhol et la musique » ainsi que celle du « Louvre à Québec ». Le climat ambiant permit de partager des discussions entre Lyonnais et bien sûr avec nos cousins d'Amérique. En effet, on ne le sait pas assez, c'est au cours de ces rencontres informelles, de ces dîners plus ou moins improvisés que plusieurs projets se sont concrétisés. Certains incongrus ou inattendus. Comme « Notre Dame de Paris » autour d'un verre entre Victor Bosch, Guy Darmet et Luc Plamondon. Ou encore, l'installation de la Cité de la Création à Québec. Ou encore cette fois-ci comme les accords bilatéraux entre l'Etat français et le Québec. Inutile de dire que l'on se presse pour participer à cet événement.
J'ai croisé plusieurs visages connus :Pierre Nallet, nouveau partenaire du Centre Jacques Cartier, l'architecte Albert Constantin, l'éditeur Jacques Domas, l'industriel Pierre-Yves Béné, l'ex-bâtonnier Adrien-Charles Dana, Jean-Claude Lassale du Progrès, Patrick Molle, directeur de l'EM Lyon, Sylvie Raimond du Musée des Beaux Arts de Lyon, le Québécois Michel Côté, directeur du futur Musée des Confluences, Jean-Jacques Pignard, vice-président du Conseil Général du Rhône qui nous montra ce qu'était une brillante allocution et cerise sur la gâteau, notre sympathique Président de la Chambre de Commerce, Guy Mathiolon. Ils savent mieux que personne qu'en dehors des colloques qui ont tous fait le plein, beaucoup de contacts et d'échanges s'établissent ici. Ils savent mieux que personne que ces Entretiens ne sont pas surévalués comme le prétend ce pauvre Tête qui voit le mal partout et passe son temps à chercher des poux dans celle des autres. Alain Juppé et Bertrand Delanoë rêvent de créer une manifestation capable de détrôner ces « Entretiens » qu'ils jalousent. Espérons qu'Alain Bideau, malgré les vilaines attaques de notre Savonarole de banlieue relayées par des journalistes en mal de copie conservera son enthousiasme et son dynamisme pour faire perdurer cette aventure ô combien payante pour le rayonnement de Lyon sur la scène internationale.
La projection diapos, c'est maintenant !
Entretiens Jacques Cartier au Québec
Octobre 2008
Si l’on peut comprendre que des conférenciers, voire des personnalités de notre région honorée par un titre universitaire soient invitées au Québec, il y en a au moins 170 autres qui n’ont rien à y faire. En ces périodes difficiles, ce gaspillage d’argent public est proprement indécent. Enfin, Bideau est coutumier du fait…
Votre reporter oublie de préciser que parmi cette délégation qui voyagent et banquettent sur notre dos de contribuable se trouvait un certain Jean-Marc Requien, qui fut en son temps un grand pourfendeur du gaspillage des deniers publics… Simple oubli ou pudeur volontaire ?